Existe-t-il une allocation de soins en Suisse ?
État : 26 juillet 2026
La réponse courte et honnête : une « allocation de soins » unique n'existe pas en Suisse. Qui cherche ce terme — ou le « Pflegegeld » allemand, ou l'AJPA française — cherche pourtant quelque chose de réel : de l'argent pour financer l'aide à domicile. En Suisse, cette fonction est répartie entre plusieurs prestations, fédérales et cantonales. Voici la carte.
L'équivalent le plus proche : l'allocation pour impotent
Ce qui s'approche le plus d'une allocation de soins est l'allocation pour impotent (API) : un montant mensuel versé à la personne dépendante elle-même, indépendamment du revenu et de la fortune, en trois degrés. À l'AVS : 252, 630 ou 1'008 francs par mois ; à l'AI, pour une personne vivant à domicile : 504, 1'260 ou 2'016 francs. La personne en dispose librement — beaucoup de familles financent ainsi l'aide apportée par les proches.
→ Tout sur l'allocation pour impotent
De l'argent directement pour la personne aidante : cantonal
Ce que le Pflegegeld allemand veut faire pour les proches, ce sont en Suisse les cantons qui le règlent — très diversement. Trois exemples avec de vrais montants :
- Fribourg verse aux proches aidants une indemnité forfaitaire jusqu'à 35 francs par jour — directement à vous, pas à la personne aidée. → Indemnité forfaitaire FR
- Le Valais soutient avec une aide financière jusqu'à 6'000 francs par an. → Aide financière VS
- Lucerne connaît une allocation de reconnaissance de 800 francs par an, sans examen des ressources. → Allocation de reconnaissance LU
Votre page cantonale montre si votre canton connaît un tel versement direct.
Un salaire plutôt qu'une allocation : l'engagement Spitex
Une voie que la France et l'Allemagne ne connaissent pas sous cette forme : qui prodigue à domicile des soins de base à un proche peut se faire engager par une organisation d'aide et de soins à domicile (Spitex) — avec un vrai salaire, assurances sociales comprises. L'assurance-maladie rémunère la prestation de soins.
→ Engagement par une Spitex · Le tour d'horizon : être payé pour aider
Le pilier silencieux : les bonifications pour tâches d'assistance
Pas d'argent versé, mais précieux : les bonifications pour tâches d'assistance de l'AVS créditent chaque année d'aide un revenu fictif de 45'360 francs sur votre compte AVS — votre future rente augmente. Attention : la bonification doit être demandée activement, chaque année.
→ Bonifications pour tâches d'assistance
Quand l'argent ne suffit pas : les prestations complémentaires
Si la rente et les revenus de la personne aidée ne couvrent pas les frais de la vie, les prestations complémentaires interviennent — un droit, pas de l'assistance. Dans plusieurs cantons, l'aide apportée par des proches peut aussi être remboursée par ce biais.
Trois différences avec les systèmes voisins
Il n'y a pas de degrés de dépendance 1–5 à l'allemande ni de grille AGGIR à la française — la Suisse évalue l'impotence en trois degrés (faible, moyen, grave), selon ses propres critères. Il n'y a pas de caisse de dépendance — les soins passent par l'assurance-maladie et les assurances sociales AVS/AI. Et beaucoup se joue au niveau cantonal : déménager d'un canton à l'autre peut modifier vos droits.
Qu'est-ce qui vous revient concrètement ?
Le test gratuit montre en une dizaine de minutes quelles prestations s'appliquent à votre situation et à votre canton — avec montants, sources et services compétents.